Pourquoi rouvrir la ligne ?

Des arguments forts plaident en faveur de la réouverture de la ligne ferroviaire Evian-Saint-Gingolph. Il faut tout d’abord bien noter que le projet du RER Sud-Léman est inscrit dans :

  • le Schéma de Désenclavement du Chablais, approuvé par le ministère des Transports le 7 février 1999 ;
  • le Schéma Régional des Services de Transports, adopté par le conseil régional Rhône-Alpes le 10 avril 2008, et prévoyant une réouverture à l’horizon 2020 ;
  • le Schéma de Cohérence Lémanique des Transports, dont la dernière version date d’octobre 2015 (consultable ici);
  • le Schéma de Cohérence Territoriale du Chablais, adopté le 23 février 2012.

Achever la liaison ferroviaire de Genève au Valais par le sud du lac Léman

Si le projet du RER Sud-Léman est revenu en grâce ces dernières années, c’est pour partie grâce à la réalisation en cours de la liaison Cornavin-Eaux Vives-Annemasse (connu sous l’acronyme CEVA). À l’ouverture de ce maillon fin 2019, et la mise en place du Léman-Express (nom commercial du RER franco-valdo-genevois), la ligne Evian-Saint-Gingolph deviendra officiellement le dernier maillon dans la boucle ferroviaire du lac Léman.

À terme, le Léman-Express pourra se prolonger sur la rive sud du Léman, via Evian et Saint-Gingolph, en direction du Valais.

Offrir une alternative à la seule route départementale

Actuellement, pour vous déplacer entre Evian et Saint-Gingolph, la solution la plus simple est de vous engager sur une route sinueuse où circulent entre 9 et 10’000 véhicules par jour (jusqu’à 13’000 en été), donc 120 camions.

Parallèlement, pour qui veut utiliser les transports en commun, le choix est limité :

  • 5 bus interurbains, qui mettent 50 minutes à 1 heure pour parcourir les 23 km qui séparent Saint-Gingolph de Thonon ;
  • pas de train ;
  • pas de bateau, à moins de faire le tour du lac en passant par Montreux, Vevey, Lausanne, pour ensuite revenir sur Evian.

La réouverture de la ligne ferroviaire favorisera la multimodalité et le report vers les autres modes de transports alternatifs.

Soulager de manière significative le trafic automobile

Par manque d’anticipation à améliorer les infrastructures routières et à déployer d’autres moyens de transports, le trajet routier entre Evian, Saint-Gingolph et l’autoroute A9 à Villeneuve est régulièrement engorgé dans les deux sens, notamment de part et d’autre de Saint-Gingolph à cause de la douane, et sur la H144 à l’arrivée aux Evouettes.

Lorsque les conditions météorologiques conduisent la CGN à annuler les navettes lacustres, parfois plusieurs jours durant, la paralysie se propage à la section complète entre Lugrin et Villeneuve.

Un exemple récent de congestion du trafic

20 juillet 2017 : travaux dans le hameau de Bret. Le feu tricolore tombe en panne vers 17h00, à l’heure de pointe. Tout de suite, un bouchon de 8 km se forme jusqu’au Bouveret. Selon certains témoignages recueillis sur les réseaux sociaux, il a fallu :

  • 50 minutes pour faire le trajet Saint-Gingolph-Locum (5 km), contre 5 minutes en temps normal
  • 1h30 pour faire le trajet Le Bouveret-Bret (7 km), contre 10 minutes en temps normal
  • 1h30 pour faire le trajet Monthey-Saint-Gingolph (21 km), contre 25 minutes en temps normal
  • 2h00 pour faire le trajet Maxilly-Vouvry (15 km), contre 30 minutes en temps normal

Un potentiel non négligeable qui tend à se renforcer

L’étude préliminaire (TTK, 2011) estimait à 3’000 voyageurs/jour le potentiel du tronçon Evian-Saint-Gingolph. Bien que cela puisse paraître beaucoup, ce chiffre n’est pas suréaliste.

Dans le Pays d’Evian, environ 900 personnes travaillent à Genève et près de 1’000 traveillent dans le canton du Valais. S’ajoutent les scolaires qui se rendent dans les établissement d’Evian et de Thonon, ainsi que les touristes, nombreux dans la région.

Pour ce qui est du trafic poids-lourds, si les camions étaient transférés sur l’autoroute du Nord-Léman, la R.D. 1005 pourrait aisément retrouver sa vocation de lien interurbain et de route touristique. C’est à un modèle multimodal qu’il faut réfléchir dès à présent.

Préserver l’environnement naturel exceptionnel autour du lac Léman

Dans un environnement qui doit être préservé, la ligne ferroviaire représente la seule possibilité de transporter massivement des usagers en respectant l’environnement.

Une frange minime de la population appelle à la construction d’une nouvelle route. En plus d’un impact écologique catastrophique à sa construction, puis à sa mise en service, une nouvelle route appellera encore plus de trafic routier et encore plus de poids lourds. Donc plus de pollution atmosphérique.

L’infrastructure de la ligne ferroviaire (plate-forme, ponts, tunnels) existe déjà. L’impact de sa réouverture sera donc limité pour l’environnement.

Proposer un transport sûr pour la population

De l’avis de tous, et les statistiques le prouve, la route départementale Evian-Saint-Gingolph est vue comme al plus dangereuse de la région. Il n’est malheureusement pas rare de se faire dépasser au milieu du hameau du Locum par des bolides lancés à plus de 80 km/h.

Le train serait alors une solution de déplacement sûre pour la population, et notamment les jeunes et les séniors.