Contexte

Le projet de réouverture de la ligne ferroviaire Évian-les-Bains-Saint-Gingolph, longue de 17 km, est inscrit dans un contexte régional qui impose de mettre en place de nouvelles politiques publiques en faveur des transports multimodaux.

Démographie

Le bassin lémanique connait une évolution démographique importante.

Le Chablais, qui compte 62 communes, est passé de 106’000 habitants en 1999 à près de 134’000 habitants en 2013, soit +26 % en 14 ans, soit +1,67% par an. Le cadre de vie et l’attractivité de la Suisse expliquent pour une grande partie cette évolution. D’ici à 2035, 43’000 habitants supplémentaires sont attendus dans le Chablais. Si ces futurs habitants se déplacent de façon similaires aux habitants actuels, il faudra compter sur une augmentation de 30 % du trafic routier.

À l’ouest, la nouvelle métropole du Grand Genève, compte 946’000 habitants (soit +37% depuis 1990) et pèse beaucoup sur le territoire chablaisien, dont certaines communes sont intégrées au projet d’agglomération (Thonon-les-Bains par exemple).

Les bassins d’emplois se trouvent pour une bonne partie sur le territoire suisse, 20% de la population du Chablais y travaille (27% des actifs occupés).

Mobilité

À cause de cette population en constante hausse, la plupart des infrastructures de transports sont maintenant sous-dimensionnées.

Réseau routier

Dans le Chablais, l’Etat prévoit la construction d’une nouvelle route à 2×2 voies entre Thonon et Machilly, par un concessionnaire privé, pour raccorder le Chablais à l’autoroute.

À l’est de la Dranse, depuis l’annulation dans les années 2000 du projet d’autoroute A400, rien ne bouge. Le contournement routier de Saint-Gingolph, qui aurait permis de désengorger le poste de douane, a été récemment abandonné. Seuls quelques aménagements de voirie sont régulièrement entrepris, mais ceci dans l’unique but de décourager les chauffards qui prennent la route départementale Evian-Saint-Gingolph pour une piste de Formule 1.

En 2016, près de 11’000 véhicules (statistiques de l’Etat du Valais) ont traversé la frontière de Saint-Gingolph chaque jour. Malheureusement, aucune statistique n’est faite depuis 2016. Depuis quelques années, la frontière se trouve congestionnée de 5h30 à 8h30 le matin et de 16h30 à 19h00 le soir. Il faut alors 45 minutes pour faire les 4 km qui séparent Le Bouveret de Saint-Gingolph.

Réseau ferroviaire

Dans le Grand Genève, la construction de la liaison ferroviaire Cornavin-Eaux Vives-Annemasse (CEVA), permettra la mise en place d’un RER transfrontalier reliant 40 gares de Suisse et de France : le Léman-Express.

La gare d’Evian-les-Bains et la ligne Evian-les-Bains-Annemasse ont subi pour le coup des travaux importants de modernisation, pour pouvoir accueillir 2 trains par heure à l’horizon 2019.

À l’est d’Evian-les-Bains, la ligne ferroviaire abandonnée qui rejoint Saint-Gingolph devient alors une suite logique dans le déploiement du Léman-Express. D’autant plus que, depuis Saint-Gingolph Suisse, la ligne est de nouveau exploitée par le RER Valais, avec également deux trains par heure à l’horizon 2019.

Il ne manque donc que les 17 km entre Evian-les-Bains et Saint-Gingolph pour boucler le tour ferroviaire du lac Léman, et ainsi offrir une alternative sérieuse à la route.

Difficile de ne pas constater que la région entre Evian-les-Bains et Saint-Gingolph est (très) mal desservie, non ?